Philippe Boniface, l’architecte de la déposition de Mohammed V
Thami El Glaoui agenouillé devant le sultan Mohammed V pour implorer son pardon : l’image, imprimée dans l’imaginaire collectif dans Marocains, incarne le triomphe d’un souverain de retour d’exil, avec l’indépendance de son pays dans les mains, mais aussi la défaite de ses adversaires, et à leur tête le fameux Pacha de Marrakech. Ce dernier avait joué un rôle actif dans la déposition du sultan Mohammed Ben Youssef, le 20 août 1953, en mobilisant les grands notables du pays et en encourageant l’intronisation d’un monarque fantoche, Mohammed Ben Arafa, voulue par le Protectorat français.
Mais derrière ce récit linéaire et relativement simpliste se cache une réalité bien plus complexe. Et surtout l’action d'un personnage à l’efficacité diabolique qui, dans les coulisses, n’a cessé de tisser une toile autour de toutes les velléités d’indépendance marocaines, à commencer par celles du sultan insoumis. Cet homme est Philippe Boniface, chef de la région de Casablanca de 1947 à 1955, qui a cependant accumulé suffisamment de pouvoir et d’influence pour être identifié comme le véritable architecte de la déposition du sultan.
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