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Grand angle
Le Golf des Lacs, à Saïdia, dans toute sa splendeur. Oussama Rhaleb / Le Desk

Rif Oriental, la balade des gens heureux

21.05.2025 à 18 H 03 • Mis à jour le 22.05.2025 à 11 H 26 • Temps de lecture : 33 minutes
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REPORTAGE
Dans le Nord-est du Maroc s’étend une terre bercée par la Méditerranée et magnifiée par des massifs à la nature préservée, qui peut s’enorgueillir d’avoir participé à façonner l’Histoire et l’identité du Royaume. Périple dans une région aux charmes multiples, de Saïdia la bienheureuse et ses plages enivrantes, à Oujda, ville millénaire projetée vers le futur, en passant par le parc de Béni Snassen, sanctuaire écologique témoin d’une culture du fond des âges

En cette matinée du mois d’avril, les timides clapotis des vaguelettes de la Méditerranée couvrent à peine le bruit des pas des joggeurs, et rythment ceux des promeneurs qui arpentent la corniche de Saïdia. Éclairé par la douceur du soleil printanier, le spectacle justifierait presque à lui seul le patronyme de cette station balnéaire, librement traduisible par le néologisme « heureuseté ».


C’est que la destination, l’une des plus convoitées de la côte méditerranéenne du Maroc, propose bien plus qu’une classique parenthèse estivale. Au menu : du divertissement, des plages à foison et des infrastructures à la pointe, mais aussi un arrière-pays à la variété exceptionnelle.


Étendues marines et plages de sable fin, un autre atout séduction du Rif oriental. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskÉtendues marines et plages de sable fin, un autre atout séduction du Rif oriental. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk


Loin des clichés présageant saturation et pollution, le littoral nord-est du Maroc est en phase de devenir un espace de villégiature tout au long de l’année. La spectaculaire mue opérée, en quelques années, par de la station balnéaire de Saïdia illustre cette évolution. Outre son extension ultra moderne, qui s’étale jusqu’à la rive ouest du fleuve Moulouya, la zone côtière promet une plongée étonnante dans des sites naturels protégés, que l’on sait habités par nos ancêtres depuis des dizaines de milliers d’années.


Devant l’embouchure de la Moulouya, où le fleuve plonge dans la Méditerranée. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskDevant l’embouchure de la Moulouya, où le fleuve plonge dans la Méditerranée. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk


Leurs traces sont toujours visibles au cœur du parc naturel des Béni Snassen, un sanctuaire écologique de plus de 7 000 hectares où se nichent deux grottes à la valeur paléontologique insoupçonnée. Ce passé foisonnant se déchiffre aussi dans la ville millénaire d’Oujda, sa médina ancestrale, sa bibliothèque savante et ses majestueux monuments. Découverte d’une région riche de son histoire et de son terroir, qui a l’art de récompenser le visiteur curieux d’une multitude de surprises.


À l’entrée de l’Aire protégée de Béni Snassen. Oussama Rhaleb / Le DeskÀ l’entrée de l’Aire protégée de Béni Snassen. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


Saïdia voit double

Bien qu’accessible par voie aérienne, via l’aéroport de Nador, l’arrivée à Saïda par la route côtière vaut bien un périple routier. Le long du littoral rifain, ce sont les charmes incomparables de la Méditerranée qui s’exhibent à votre regard jamais lassé. Un spectacle qu’accompagne la route nationale 16 (RN16) depuis sa naissance à la pointe tangéroise jusqu’à la frontière est.


Sur le littoral méditerranéen de la région du Rift oriental, la rencontre entre les récifs montagneux et la mer offre des panoramas saisissants. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskSur le littoral méditerranéen de la région du Rift oriental, la rencontre entre les récifs montagneux et la mer offre des panoramas saisissants. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk


Après le contournement de Nador, les hautes falaises laissent entrevoir le bleu azur caractéristique de Mare Nostrum. Au détour des lacets surplombant les récifs, vous apercevrez régulièrement les flots pénétrer les criques sauvages, préservées dans leur état naturel par les barrières rocheuses qui les encerclent.


L’une des nombreuses criques cachées dans le creux des falaises du littoral méditerranéen. Oussama Rhaleb / Le DeskL’une des nombreuses criques cachées dans le creux des falaises du littoral méditerranéen. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


Un décor idyllique qui laisse deviner les infinies possibilités qu’offre la côte aux estivants. Mais à l’approche de Saïdia, la route vous rappelle que la région est une terre de bien-être en toute saison. Des conditions optimales que vante avec enthousiasme Jalil Bennis, Directeur général de la Société de développement de Saïdia (SDS) : « Ici, nous comptons en moyenne 300 jours d’ensoleillement. Et si vous trouvez que l’air est un peu frais pour la baignade, ce ne sont pas les activités qui manquent ».


La promesse n’est pas seulement une perspective d’avenir, mais bien une réalité du présent. L’approche de Saïdia en est une preuve éloquente. Ceux qui découvrent l’agglomération, ou qui n’ont pas eu l’occasion d’y revenir depuis un certain temps, pourraient être saisis par son dédoublement. Car depuis quelques années, une « autre » Saïdia est sortie de terre, à quelques kilomètres de la station balnéaire connue de tous.


Des bateaux amarrés dans le paisible port de plaisance de Saïdia Mediterrania. Oussama Rhaleb / Le DeskDes bateaux amarrés dans le paisible port de plaisance de Saïdia Mediterrania. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


Avant d’en découvrir les atours, prenez le temps d’éveiller vos sens dans l’un des sites naturels les plus remarquables du Maroc. À la dernière intersection avant la nouvelle marina, prenez la direction de la côte via la route d’Al Halg. Vous suivrez alors le cours d’un majestueux fleuve jusqu’à son dernier souffle, avant qu’il ne se confonde à l’immensité marine. Bienvenue dans l’embouchure de la Moulouya, véritable réserve de la biodiversité. Cadre incomparable pour les amateurs d’écotourisme, cette zone humide est aussi le refuge de dizaines d’espèces animales, dont des oiseaux migrateurs très prisés des birdwatchers (observateurs d’oiseaux) marocains comme étrangers.


Au cœur de la réserve de la Moulouya, un poste d’observation attend les « birdwatchers ». Oussama Rhaleb / Le DeskAu cœur de la réserve de la Moulouya, un poste d’observation attend les « birdwatchers ». Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


L’estuaire sanctuaire

Les volatiles trouvent ici les conditions idéales pour se nourrir et se reproduire en toute quiétude, puisque le lieu est protégé depuis son classement, en 2005, dans la liste des sites d’intérêt biologique et écologique (SIBE). C’est ainsi que, lors de haltes dans les nombreux points d’observation autour l’embouchure de la Moulouya, vous pouvez traquer du regard, à l’aide de longues-vues installées sur place, les busards des roseaux, les échasses blanches, le crabier chevelu, la sarcelle marbrée et bien sûr le flamant rose, champion incontesté de la note artistique. L’exploration de la zone humide, vaste de quelque 2 500 hectares, se déroule essentiellement à travers les 7 kilomètres de chenal fluvial bordant tantôt la forêt alluviale - parfois inondée, une rareté au Maroc -, qui abrite des espèces de poissons endémiques, tantôt les marais salés. Une biodiversité unique en son genre, rendue possible par la vigueur de la Moulouya.


Un chenal de sept kilomètres guide le visiteur dans l’exploration de l’embouchure de la Moulouya. Oussama Rhaleb / Le DeskUn chenal de sept kilomètres guide le visiteur dans l’exploration de l’embouchure de la Moulouya. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


Ce fleuve, qui pèse autant sur la géographie que sur l’Histoire de la région, est le plus important cours d’eau marocain se jetant dans la Méditerranée. Longue de 600 kilomètres, depuis sa source dans la région de Midelt entre les massifs de l’Atlas, la Moulouya fend le Rif oriental et constitue, depuis l’Antiquité, un marqueur naturel d’entités politiques diverses.


À cette époque, dès l’an 25 av. J.-C., elle incarne la frontière entre les provinces romaines de Maurétanie Tingitane (le tiers nord du Maroc actuel) et de Maurétanie Césarienne (nord de l’Algérie actuelle). Il est régulièrement fait mention du fleuve dans les écrits antiques, notamment dans ceux de l’historien romain Salluste (85-35 av. J.-C.), qui y décrit la bataille décisive de la « Mulucha ». Baptisée du nom latin de la rivière, celle-ci s’est jouée sur ses rives en 105 avant l’ère chrétienne et a précipité la chute du roi numide Jugurtha (160-104 av. J.-C.), défait par les légions romaines et leurs alliés.


Des siècles plus tard, à l’ère de la dynastie des Saadiens (1549-1659), le fleuve dessine la démarcation entre l’Empire chérifien et la Régence d’Alger, conquérante de l’actuelle Algérie à partir du XVIe siècle. C’est à ces titres que la Moulouya joue un rôle important dans l’identité géopolitique du Maroc contemporain. Il est, en outre, l’architecte principal du paysage féérique qui borde les confins orientaux du pays.


Quittons l’embouchure du fleuve Moulouya pour nous diriger un peu plus loin vers l’est et investir la version moderne de Saïdia. Toujours sur la RN16, aux environs du petit village de Bounoua, un carrefour vous propose, via un panneau, de repiquer vers la côte en direction de Saïdia Mediterrania, avant qu’un imposant monolithe, portant fièrement la même inscription, vous accueille quelques mètres plus loin.


Mer en vue

Des rues droites, des commerces à l’aménagement moderne, des espaces de loisirs et un port de plaisance vous en donnent un premier aperçu bien attrayant. Cette extension de la station balnéaire préexistante est sortie de terre avec le lancement du Plan Azur, qui visait à moderniser l’offre côtière du Royaume sous l’impulsion du roi Mohammed VI. Le Souverain n’a jamais caché son affection pour la région, qu’il choisit souvent pour ses séjours, et dont il a inauguré en personne l’expansion en 2009. Parmi les artisans du gigantesque projet, Jalil Bennis n’est pas peu fier d’évoquer « une nouvelle façon de promouvoir cette destination unique dans le paysage touristique » se disant conscient de la nécessité de sortir des sentiers battus. « Aujourdhui, le tourisme a évolué et la plupart des voyageurs ne sont pas seulement à la recherche dun site pour faire bronzette. Ils souhaitent surtout explorer, faire du sport, se divertir, bien se restaurer et aller à la rencontre de la population locale », explique-t-il.


Station balnéaire de Saidia. © Mohamed Drissi Kamili / Le DeskStation balnéaire de Saidia. © Mohamed Drissi Kamili / Le Desk


Les concepteurs de Saïdia Mediterrania œuvrent donc pour répondre à ces nouvelles attentes, aidés en cela par des sites qui s’y prêtent à merveille. Mais pour attirer les visiteurs, il a fallu d’abord défaire les clichés qui reviennent parfois au sujet du Rif oriental. « Lune des idées reçues veut que notre région soit saturée durant la saison estivale. Saluons dabord que Saïdia soit prisée pour les vacances d’été et de plus en plus à dautres périodes de lannée, mais rappelons que, désormais, les plus grandes enseignes de lhôtellerie accompagnent son essor, afin d’assurer que chaque visiteur puisse y trouver la place et le confort qu’il recherche  », réplique Jalil Bennis.


De nombreux et prestigieux hôtels garantissent le confort pour tous. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskDe nombreux et prestigieux hôtels garantissent le confort pour tous. Crédit : Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


En effet, sur la seule nouvelle extension de la station balnéaire, pas moins de six hôtels 5 étoiles ont ouvert leurs portes, totalisant plus de 6 500 lits. À cela, il faut ajouter les possibilités d’hébergement dans la partie historique de la cité, accessibles à toutes les bourses. L’autre cliché qui touche l’ensemble des côtes méditerranéennes concerne la qualité des eaux de baignade. Là encore, notre interlocuteur balaie le préjugé du revers de la main : « Année après année, nous recevons le label Pavillon bleu décerné par la Fondation Mohammed VI pour lenvironnement et qui garantit une baignade sans risque pour la santé ».


Les plages de la région sont justement sans conteste l’atout charme du Rif oriental, qui a le chic d’en proposer une étonnante diversité. Le littoral de la pointe nord-est du Maroc offre en effet un généreux chapelet de paysages côtiers, à commencer par la plage de Saïdia même, qui étale ses 14 kilomètres de sable fin sur l’ensemble de ses deux marinas. Et si vous décidez d’explorer les plages sur une zone plus large, préparez quelques affaires, car la tournée risque d’être longue.


La Marina de Saïdia Mediterrania offre un cadre pour des balades au fil de l’eau. Oussama Rhaleb / Le DeskLa Marina de Saïdia Mediterrania offre un cadre pour des balades au fil de l’eau. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk


Vers l’est, en direction de Nador, en longeant l’interminable bande de sable qui part de Saïdia, on débouche sur le Cap de l’Eau des rochers, communément appelé Ras El-Ma. Outre un charmant port de plaisance, qui fait écho à celui de Saïdia Mediterrania, vous y trouverez le gratin de la gastronomie marine. « C’est une destination incontournable pour les gourmands. Le poisson y est dune fraîcheur absolue », tient à nous préciser Jalil Bennis. Sur la pointe rocheuse de ce spot très prisé, et sur lequel règne un phare haut perché, vous êtes au bon endroit pour contempler le petit archipel des Zaffarines (également nommés Jaafarine), composé de trois îlots distants de 3 kilomètres des côtes. Aujourd’hui inclus dans les Présides espagnols, ces bouts de terre qui semblent flotter sur la mer sont connus depuis l’époque des Phéniciens, et n’ont cessé, à travers l’Histoire, de susciter les convoitises pour leur emplacement stratégique.


La Marina de Saïdia est aussi un terrain de jeu pour les amateurs de sports nautiques. Oussama Rhaleb / Le DeskLa Marina de Saïdia est aussi un terrain de jeu pour les amateurs de sports nautiques. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


La tournée des plages se poursuit au-delà de Ra El-Ma, dont les falaises vous font reprendre de la hauteur. Mais gardez les yeux bien ouverts, car au bout de quelques kilomètres, le sable se réinvite à la danse des ondulations méditerranéennes dans des criques façon « carte postale ».


L’immense plage de Saïdia, qui s’étend sur près d'une quinzaine de kilomètres. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskL’immense plage de Saïdia, qui s’étend sur près d'une quinzaine de kilomètres. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk


Totalement sauvages, certaines ne sont accessibles que par bateau, pour le bonheur des plus aventureux. C’est partiellement le cas de la Plage rouge, l’une des plus fameuses de la région. Cette bande de sable fin se tapit dans le creux entre deux colossales parois de roche ocre qui ont inspiré son nom. À l’abri du vent, ce site exceptionnel vous gratifie d’une baignade d’exception dans des eaux turquoise quasi transparentes qui vous font douter d’être plutôt dans les flots des Caraïbes.


Superbe plage prisée par les estivants, la Plage rouge n’est accessible que par voie marine. Crédit: Mohamed Drissi Kamili / Le DeskSuperbe plage prisée par les estivants, la Plage rouge n’est accessible que par voie marine. Crédit: Mohamed Drissi Kamili / Le Desk


L’heure du swing

Au-delà, vous pouvez suivre le circuit édénique des plages du Nord, qui s’allonge jusqu’à celles de Nador, où se renoue, dans un décor de rêve, le lien entre centre urbain et villégiature balnéaire. Sinon, optez pour un retour à Saïdia, qui sait désormais vous divertir loin des parasols. Les passionnés de golf le savent déjà, puisque nombre d’entre eux ont déjà eu le plaisir de tester l’un des parcours les plus iconiques de ce sport. Attention : risque d’addiction !


Grâce ses infrastructures golfiques, Saïdia attire amateurs comme professionnels de la petite balle blanche. Oussama Rhaleb / Le DeskGrâce ses infrastructures golfiques, Saïdia attire amateurs comme professionnels de la petite balle blanche. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


« Imaginez piquer une tête entre deux trous. Ici, cest possible », rappelle Jalil Bennis, qui fait mention d’un parcours qui attire l’attention de la planète golfique. Nommé Teelal (« collines » en arabe) et conçu en 2017 par Nicolas Joakimides, célébrité française de la discipline, ce links déambule gracieusement de green en green pour offrir des vues marines imprenables et titiller la tentation de « piquer une tête », tant la Méditerranée est à portée de putt.


Gare au « bunker » dans le parcours de Teelal, à Saïdia. Oussama Rhaleb / Le DeskGare au « bunker » dans le parcours de Teelal, à Saïdia. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


Non loin de là, Saïdia propose un autre terrain de jeu pour perfectionner son swing avec l’assistance de moniteurs dédiés. Ouvert en 2009, le Golf des Lacs s’étend sur une superficie de 63 hectares, dont 8 hectares de lacs justifiant son appellation. Plus classique, ce parcours attire de nombreux amateurs de golf à travers le monde, et suscite aussi l’intérêt du circuit professionnel. « Nous accueillons une centaine de golfeuses de l’élite de ce sport qui profitent des conditions optimales et de nos deux parcours pour établir leur camp dentraînement hivernal. Pour leur préparation, de plus en plus de golfeurs préfèrent désormais Saïdia à des destinations habituelles comme Dubaï », argumente Jalil Bennis.


Le Golf des Lacs, baigné de rayons de soleil crépusculaires. Crédit: Oussama Rhaleb / Le DeskLe Golf des Lacs, baigné de rayons de soleil crépusculaires. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


Si vous n’êtes un fan de la petite balle blanche, sachez que la région est en passe de devenir un lieu de rassemblement pour les sportifs de tout horizon. Cette approche inclusive mêle professionnels et amateurs, qui viennent profiter d’infrastructures dédiées et d’un cadre naturel singulier. C’est le cas des triathloniens qui ont étrenné leurs combinaisons à pied, à vélo puis dans l’eau, à l’occasion du dernier championnat d’Afrique de la discipline. Une réussite qui, à l’instar du golf, a suscité l’intérêt de la World Triathlon, la fédération internationale, qui compte faire de Saïdia une étape du son championnat du monde.


Aux exercices de « cardio », la ville sait aussi mêler les initiatives au « grand cœur », comme le prouve le désormais ritualisé RedMed. Cette rencontre sportive par équipe comprend plusieurs épreuves, entre trail, VTT, natation et canoë-kayak, dans ce le cadre d’une compétition solidaire et écoresponsable au profit de l’association « Les Amis du Ruban Rose », qui accompagne des femmes atteintes de cancer du sein.


Après ce panorama sportif, il vous faudra garder encore un peu de souffle pour aborder la prochaine étape de cette exploration du Rif oriental. En quittant la station balnéaire par le sud, la route nationale 16 devient RN17, et c’est à sa naissance que vous accédez à la partie la plus étroite de la zone frontalière, dans un espace appelé Bin Lejraf, d’où Marocains et Algériens s’échangent les saluts amicaux à distance. Aménagé en parking-promontoire, le lieu s’anime particulièrement après des exploits sportifs algériens ou marocains, comme ce fut le cas à la suite du sacre des Fennecs à la Coupe d’Afrique des Nations en 2019, ou lors de l’épopée des Lions de l’Atlas au Mondial qatari en 2022.


Nature et découverte

En roulant quelques dizaines de kilomètres plus loin, vous observerez un spectaculaire changement de paysage, qui rappelle que le Maroc est une formidable terre de contrastes. La verdoyante Saïdia derrière vous, c’est déjà un avant-goût du désert qui se signale par un sol plus aride et des reliefs rocheux sculptés par l’érosion. Un décor de cinéma à nouveau interrompu à l’intersection de la localité d’Ahfir, qui vous invite à vous diriger vers l’ouest via la route nationale 2 (RN2) bordée de cultures de toutes sortes, en direction de la ville de Berkane, elle aussi revigorée ces dernières années par l’essor spectaculaire de la région.


À son approche, le sol reprend de l’altitude et une barrière montagneuse et verdoyante se dresse face à vous. Engouffrez-vous dans ses entrailles pour aller à la découverte de ces terres où nos lointains ancêtres ont vécu des dizaines de milliers d’années avant nous.


Pour ce faire, quittez la RN2 pour emprunter la R607 et entrer dans le parc des Béni Snassen. Cet espace naturel protégé, dont les massifs sont tapissés de conifères, est un paradis pour les randonneurs et les observateurs de la faune et de la flore. Il doit son nom à une célèbre confédération tribale très active durant les remous de la période pré-coloniale, durant laquelle elle a combattu pour porter assistance à la résistance algérienne à la fin du XIXe siècle, puis pour tenter de préserver celle de son territoire au début du siècle suivant.


Une réserve naturelle protégée de l’activité humaine, à quelques kilomètres de Saïdia. Oussama Rhaleb / Le DeskUne réserve naturelle protégée de l’activité humaine, à quelques kilomètres de Saïdia. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


Ce parc est aussi un témoignage précieux d’un passé bien plus lointain, que l’on pensait enfoui à jamais. Afin d’en saisir la valeur enjeux, il nous faut d’abord transiter par Tafoughalt et ses bâtisses en toiture à pente en tuiles rouges, un charmant village animé le jour de marché, mais qui retrouve sa quiétude le reste de la semaine. De là, empruntez quelques minutes durant une petite route jusqu’à une vaste aire qui suggère que vous êtes sur un site digne d’un arrêt. Un grand panneau, portant les photos d’un grand rapace qui déploie ses ailes et d’une tête d’un mouflon, indique : « Aire protégée de Beni Snassen ».


Du haut d’un chemin balisé par des rambardes en bois, un jeune homme nous appelle à le rejoindre. Il s’agit d’Ismaïl Ziani, chercheur lauréat de l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP), doctorant à l’Université de Las Palmas en Espagne et auteur de nombreux articles publiés dans de grandes revues scientifiques à travers le monde. Il nous attend devant le grillage qui protège l’entrée de la Grotte des pigeons, lieu dont il est devenu un grand spécialiste.


Bien qu’il y ait passé des centaines d’heures, pelle et pinceau à la main, cet Oujdi semble toujours fasciné par l’endroit, le ton de sa voix trahissant un enthousiasme sans mesure à partager sa passion pour cet antre où nul volatile n’a pourtant élu domicile.


« En quoi le site est-il si particulier ? », interrogeons-nous le scientifique, dans un accès de curiosité légitime. En attendant que son gardien nous en ouvre l’accès, il nous explique de go que «  la grotte raconte une histoire continue qui s’étale sur presque 100 000 ans, une rareté dans le monde et une aubaine pour les archéologues ». Et de se lancer dans un long récit religieusement aspiré par son audience.


Tout commence à la fin des années 1930, lorsque le Service des antiquités du protectorat fait une découverte stupéfiante : plus de 150 ossements humains, entreposés dans ce qui est une nécropole veille de 15 000 ans. Ils sont attribués à la culture de l’Ibéromaurusien, un Homo Sapiens qui a vécu en Afrique du Nord entre 25 000 et 10 000 ans avant l’ère chrétienne. Une trouvaille « incroyable, mais qui n’était en réalité que la partie immergée de liceberg », poursuit Ismaïl. Car dans ce lot, « une équipe de chercheurs, conduite par Abdeljalil Bouzouggar (directeur de lINSAP) ont identifié en 2003 un crâne humain vieux de 15 000 ans avec des signes évidents de trépanation, une opération médicale complexe qui consiste à creuser la boîte crânienne pour intervenir en profondeur. La cicatrice post-opératoire est la preuve que le patient a survécu ».


Le fond des âges

Ce que nous explique l’archéologue, c’est que la Grotte des pigeons ne contient pas seulement des traces du passé, « mais surtout des éléments de la culture dune population qui a trouvé ici un havre pour vivre, se nourrir, se doter de parures, se soigner et donner une sépulture à ses morts  ». La plus récente découverte à ce sujet, révélée courant 2024, confirme que nos ancêtres de l’âge de pierre utilisaient les fruits de la plante « Ephedra » pour atténuer la douleur et limiter les hémorragies. Pour ce faire, la maîtrise du feu pour la torréfaction était nécessaire et, comme tout visiteur peut en témoigner, les multiples mètres d’un sédiment grisâtre sur le sol, à l’entrée de la grotte, sont les traces de « cendres accumulées durant des dizaines de siècles ».


L’autre trésor offert par la Grotte des pigeons, c’est une somme de preuves d’une présence humaine continue sur le site. « Avant linstallation de libéromaurusien, ce lieu était occupé par ce qui semble être son prédécesseur direct. Ici ont été découvertes les traces dune industrie lithique datée du paléolithique moyen que lon appelle Atérien », détaille le chercheur.


Caractérisée par sa maîtrise de la taille, et aussi par le fait d’être la première connue pour son utilisation de parures, à base de coquillages, cette culture propre à l’Afrique du Nord aide à comprendre l’évolution de notre espèce. Et si le plus ancien Homo Sapiens jamais découvert l’a été en 2017 à Ighoud, près de Chichaoua, des sites comme celui de Tafoughalt demeurent des marqueurs précieux de son développement.


On s’en doute, la grotte est une aubaine pour les scientifiques, qui saisissent tout le potentiel de la région. « Il reste beaucoup de travail à faire, et pas seulement en matière de fouilles archéologiques. Lambition est aussi de pouvoir partager avec le public qui visite ce parc, à travers un projet de musée qui viendra rehausser lintérêt de tous pour un site archéologique dintérêt universel », argumente Ismaïl Ziani.


Un couple de randonneurs français, la soixantaine, vient illustrer cet intérêt et justifiant l’éveil d’un tourisme culturel que la région est déjà prête à embrasser. Captivé par les explications de notre jeune expert, le marcheur sort de son sac à dos un carnet et s’emploie à y noter ce que la Grotte des pigeons dit du passé lointain de l’Homme.


L’entrée de la Grotte du chameau, vue de l’intérieur. Oussama Rhaleb / Le DeskL’entrée de la Grotte du chameau, vue de l’intérieur. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


Prochain épisode de notre exploration du parc de Béni Snassen : une autre caverne célèbre, dite la Grotte du chameau. Situé au creux de la vallée de Zegzal, écrin verdoyant où de nombreuses auberges proposent le gîte et le couvert au milieu d’une nature préservée, le lieu est davantage connu du grand public et fréquenté depuis des décennies par des spéléologues, mais pas seulement.


Dans une galerie souterraine de la Grotte du Chameau, la roche prend une teinte émeraude. Oussama Rhaleb / Le DeskDans une galerie souterraine de la Grotte du Chameau, la roche prend une teinte émeraude. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


« Cet endroit est tout simplement extraordinaire ! Dommage que son accès soit restreint », regrette Salim, habitant de Rabat dans la trentaine, qui a pris quelques jours de congé pour découvrir cette partie de son pays qu’il dit « ne pas connaître suffisamment ». Il avait coché la Grotte du chameau sur son itinéraire sans savoir que le site est l’objet d’études en vue d’une réhabilitation complète.


À l’intérieur de la Grotte du Chameau, le chemin est balisé et éclairé par des spots lumineux. Oussama Rhaleb / Le DeskÀ l’intérieur de la Grotte du Chameau, le chemin est balisé et éclairé par des spots lumineux. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk


Il avait pourtant défié le dénivelé abrupt à travers un sentier pour accéder à l’entrée de la cavité aussi large que la porte d’un palais sous-terre. Celle-ci laisse présager une exploration dans les abysses d’un véritable complexe qui étend ses tentacules sur près de 700 mètres, sur pas moins de trois étages de galeries où se succèdent de splendides stalagmites et stalactites. Ces œuvres, patiemment sculptées au fil des siècles par la rivière souterraine qui traverse la grotte, sont d’ordinaire éclairées par des projecteurs, composant un spectacle qui marquera sans doute les souvenirs de tout visiteur.


Des souvenirs, il y en a aussi sur les parois de ce prodige de la nature, gravées par nos lointains ancêtres qui n’ont pas manqué de se signaler à nous, à des milliers d’années de distance, via des dessins rupestres. Vieux de 12 000 ans, ils sont considérés par les spécialistes comme la quintessence de la culture préhistorique, dont l’empreinte est présente sur l’ensemble du parc de Béni Snassen.


La belle orientale

Avant de quitter la vallée de Zegzal, rappelons que cet écrin naturel et joyau écologique de toute une région offre, outre des circuits de randonnée adaptés à tous les niveaux, des défis de taille pour les amateurs d’escalade sur falaise. Les spécialistes de la discipline connaissent sans doute déjà les tracés du « Lion Rock », de la Falaise des faucons, ou encore d’Azrou N’Lakhrouf.


De retour sur les plaines, il convient de compléter notre balade à l’est par Oujda, « la ville millénaire », surnommée ainsi, tant son ancrage et sa résonance dans l’Histoire du Maroc sont conséquents. Principal centre urbain de l’Oriental, elle accueillant plus de 700 000 habitants, augmentés durant les vacances estivales de milliers de membres de la diaspora marocaine, dont de nombreuses communautés sont originaires. De fait, Oujda est facilement accessible par le nord, mais aussi par les voies de l’ouest, essentiellement via l’autoroute A2, dont elle est le point terminus. Tous les attributs d’une grande ville se lisent à l’entrée de la cité, avec ses larges boulevards rectilignes qui convergent vers le premier centre, celui qui a fait sa réputation durant le XXe siècle.


Le périple vous mène dans un premier temps vers l’immensité de la Place du 3 mars, esplanade circulaire atypique et l’un des lieux publics les plus prisés par les Oujdis. Impressionnant par sa taille, cet espace est magnifié d’un côté par la mosquée Mohammed VI, édifice élancé pouvant accueillir 3 000 fidèles et justifiant la réputation religieuse de la capitale de l’Oriental, et de l’autre par le Théâtre Mohammed VI, inauguré par le Souverain en 2012.


Sur une place commerçante à Oujda, capitale de l’Oriental. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskSur une place commerçante à Oujda, capitale de l’Oriental. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk


Cette bâtisse vient illustrer une autre caractéristique de la ville, celle de référence en matière de culture, et conforter ainsi sa capacité à organiser de grands évènements, dont le Festival du Raï, celui consacré au thé ou encore la très populaire exposition annuelle de l’artisanat. Dans le sillage de la Place du 3 mars, vous entrez dans le centre-ville, dont les bâtiments avouent une saisissante ressemblance architecturale avec ceux de Casablanca. Celle-ci n’a rien de fortuit : Oujda a été, durant le Protectorat, un autre terrain d’expression de l’Art déco, style architectural aux courbes dynamiques et à la finition soignée qui a fait la réputation de la capitale économique.


La ville aux 400 mosquées

Ville frontalière, Oujda a en outre été l’une des premières concernées par la pénétration française depuis l’Algérie voisine. Ses infrastructures ferroviaires précoces par rapport au reste du pays, ainsi que son tracé urbanistique typique du Protectorat l’ont doté de cette atypique position d’avant-garde.


Un héritage devenu une partie de son identité, et qu’il est recommandé de visiter à pied. Rendez-vous sur la Place du 9 juillet, dont le nom est élégamment gravé sur des plaques en métal garnissant d’ailleurs l’ensemble des espaces publics. Là, un dialogue des cultures et des religions se tient continuellement depuis près d’un siècle. Distants d’à peine quelques dizaines de mètres, occupés par une esplanade, la cathédrale Saint Louis d’Anjou et la mosquée Fatima Oum El Banine se font face, composant ce que les habitants appellent pertinemment « la Place de la tolérance ». Au-dessus de la mêlée, clocher et minaret se tutoient ainsi dans les cieux d’Oujda, ville qui n’a pas manqué de célébrer sa diversité avec une restauration aboutie de l’ensemble de ses édifices religieux.


La cathédrale Saint Louis d’Anjou, située sur la Place du 9 juillet, à Oujda. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskLa cathédrale Saint Louis d’Anjou, située sur la Place du 9 juillet, à Oujda. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk
Réminiscence du passé colonial, la cathédrale Saint Louis d’Anjou est aussi un symbole de la tolérance d’une ville pieuse. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskRéminiscence du passé colonial, la cathédrale Saint Louis d’Anjou est aussi un symbole de la tolérance d’une ville pieuse. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk


Pour visiter ceux qui sont ancrés dans une histoire plus ancienne, direction l’ancienne médina, véritable patrimoine à ciel ouvert dont la valeur n’a rien à envier à celles des cités impériales. La rue de Marrakech, parmi les plus animées de la ville, vous y emmène depuis le centre-ville, tout en vous plongeant progressivement dans une ambiance plus traditionnelle. Des allées plus étroites et des bâtiments moins hauts et étendus en largeur, vous rappellent que l’horizon du désert n’est plus si loin, et que l’architecture s’inspire aussi au modèle des ksours et de leurs tours de garde carrées, distinctifs des zones arides marocaines.


La mosquée Fatima Oum Al Banine et la cathédrale Saint Louis partagent le même parvis sur ce que les Oujdis appellent la « Place de la Tolérance ». Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskLa mosquée Fatima Oum Al Banine et la cathédrale Saint Louis partagent le même parvis sur ce que les Oujdis appellent la « Place de la Tolérance ». Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk


Au bout de la rue, cette identité est pleinement assumée par un centre commercial nommé « Souk Sidi Abdelwahab », qui devient en fin de journée une véritable ruche investie par les habitants à travers la dizaine de portes voûtées qui l’encerclent. Dans l’une de ses nombreuses échoppes, nous rencontrons Mohamed, commerçant septuagénaire spécialiste des babouches et autres articles de maroquinerie. Enthousiaste à l’idée de discourir sur le patrimoine de sa ville, il laisse à son fils le soin de le relayer dans sa boutique et nous emmène, d’un pas allègre, à la visite de ce qu’il nomme « notre place Jamaâ El Fna ». Sis au détour de l’avenue Moulay El Hassan, le lieu a en effet tout d’une réplique de la fameuse agora marrakchie. L’esplanade étendue, les échoppes bigarrées, la foule dynamique et même quelques « halqa », ces spectacles de rue rassemblant leurs spectateurs en cercle, donnent raison à la comparaison. Seul regret pour Mohamed, l’absence de « lancien », figure locale considérée comme « le meilleur conteur de la ville ».


La place porte le nom de la mosquée attenante, Al Fadila, imposant bâtiment inauguré en 2013 qui se targue de mettre en valeur l’essentiel de l’artisanat marocain, dans des dimensions rarement atteintes, faisant écho à l’immensité de l’esplanade. De l’autre côté, vers la face ouest, la foule semble s’engouffrer dans une porte monumentale, seul point d’accès taillé dans une interminable muraille. C’est « Bab Sidi Abdelwahab, l’entrée principale du grand souk de la médina », nous apprend doctement notre guide du jour.


Bab Sidi Abdelwahab, monument patrimonial et porte d’entrée au grand souk d’Oujda. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskBab Sidi Abdelwahab, monument patrimonial et porte d’entrée au grand souk d’Oujda. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk


À son approche, les odeurs d’épices imprègnent l’air, mais ce sont pourtant des dattes, autre spécialité locale, qui s’étalent sur la devanture des premiers magasins. Au fil des pas, parcourir ce marché particulièrement animé rend compte de la diversité des produits qui s’y échangent. Mohamed en profite pour faire ses emplettes, tandis qu’une discrète sortie, connue des seuls initiés, nous fait passer à nouveau hors des remparts. Sur le boulevard du Maghreb arabe, se confondant presque avec la muraille de la médina, une ancienne mosquée, Ali Ibn Talib, nous accompagne jusqu’à un espace de verdure qui contraste avec la couleur terre dominante. Nous voici devant le parc Lalla Meryem, inauguré par la princesse dont il porte le nom en 2007. De splendides jardins aménagés, des arbres savamment répartis, une fontaine centrale, des allées plantées de ficus et un grand kiosque promettent une balade oxygénée au cœur de la dense médina.


L’entrée du parc Lalla Meryem, à Oujda, sanctuaire vert au milieu de la dense médina. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskL’entrée du parc Lalla Meryem, à Oujda, sanctuaire vert au milieu de la dense médina. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk
Le parc Lalla Meryem, à Oujda, profite d’une décoration traditionnelle soignée. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskLe parc Lalla Meryem, à Oujda, profite d’une décoration traditionnelle soignée. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk


En face de l’entrée du parc, ne manquez surtout pas de visiter l’incontournable musée Dar Sebti, véritable palais des mille et une nuits consacré à l’art du Tarab al-gharnati, fierté culturelle de l’Oriental. Il est ici l’objet d’une exposition permanente qui vous en révélera les secrets les plus enfouis et les principaux héros du passé. L’entrée est gratuite et vous pouvez y admirer le raffinement du style arabo-andalou, son zellige délicat, son immense patio et ses fines boiseries sculptées.


La cour intérieure de Dar Sebti, ancienne demeure d’une riche famille d’Oujda, aujourd’hui transformée en musée ouvert au public. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskLa cour intérieure de Dar Sebti, ancienne demeure d’une riche famille d’Oujda, aujourd’hui transformée en musée ouvert au public. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk
Les arts décoratifs typiques de la région de l’Oriental tapissent chaque recoin de Dar Sebti. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskLes arts décoratifs typiques de la région de l’Oriental tapissent chaque recoin de Dar Sebti. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk
Dar Sebti est surtout un musée dédié à l’art de la musique "gharnatie”. Crédit: Oussama Rhaleb / Le Desk’


Au bout du parc, toujours vers l’ouest, une autre porte, symbole de la ville, attend majestueusement d’être franchie. Il s’agit de Bab El Gharbi qui ouvre sur la place éponyme, et qui est aujourd’hui encore une référence incontournable de la géographie de la ville. La médina d’Oujda s’étend encore au-delà de ses murailles vers l’est.


La ville d’Oujda entre dans les cœurs de ses visiteurs. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskLa ville d’Oujda entre dans les cœurs de ses visiteurs. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk
L’ancienne gare ferroviaire d’Oujda, qui confirme le statut avant-gardiste de la ville durant le Protectorat. Crédit : Oussama Rhaleb / Le DeskL’ancienne gare ferroviaire d’Oujda, qui confirme le statut avant-gardiste de la ville durant le Protectorat. Crédit : Oussama Rhaleb / Le Desk


N’hésitez pas à y déambuler pour découvrir ses nombreuses médersas, sa célèbre bibliothèque Charif Al Idrissi, classée patrimoine national, et sa foison de mosquées, dont le nombre dépasserait les 400. Signe de sagesse, de rayonnement, d’ancrage civilisationnel et historique, Oujda profite aussi du formidable élan de développement qui englobe l’ensemble de la région. Une terre de fierté et de générosité prête pour d’interminables promenades à même d’imprégner le visiteur d’un zeste de « Saâda », cette aura de bonheur propre aux contrées de l’Est marocain.

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