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SÉRIE EP. 7

n°1161.Autonomie au Sahara : le Maroc s’inspire des modèles européens, inquiétude croissante à Alger

08.02.2026 à 16 H 24 • Mis à jour le 14.03.2026 à 00 H 35 • Temps de lecture : 15 minutes
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Lors de la réunion quadripartite de Madrid de ce 8 février, organisée sous l'égide américaine, Rabat devrait présenter une version largement remaniée de son plan d'autonomie pour le Sahara. Sensiblement étoffé par rapport au texte de 2007, le nouveau projet s'inspire des modèles européens d'autogouvernement pour dépasser le cadre d'une simple autonomie administrative

Dix-huit ans après avoir soumis aux Nations unies son premier plan d'autonomie pour le territoire du Sahara occidental, le Maroc franchit un cap. Ce dimanche à Madrid, lors d'une réunion quadripartite (Maroc, Algérie, Mauritanie, Polisario) organisée sous l'égide des États-Unis, le royaume devrait présenter une version substantiellement réécrite de sa proposition. L'enjeu dépasse la simple mise à jour diplomatique : il s'agit de convaincre la communauté internationale que le Maroc propose désormais une « véritable autonomie », comparable aux standards européens reconnus par l'ONU.


Cette inflexion stratégique intervient dans un contexte où l'intention marocaine est mise à l'épreuve notamment au regard de l'échec relatif de la « régionalisation avancée » promise depuis plus d'une décennie, mais jamais réellement mise en œuvre. Pour combler ce déficit de confiance, Rabat a misé sur une méthode au référentiel acceptable par la communauté internationale : l'étude systématique des modèles d'autonomie européens, de l'Espagne au Royaume-Uni, en passant par les territoires français d'outre-mer et les îles de l'Atlantique.


2007 : une autonomie administrative sous tutelle

Le plan initial présenté par le Maroc en 2007 se caractérisait par sa brièveté – quatre pages – et la modestie des compétences transférées. L'architecture proposée relevait essentiellement d'une autonomie administrative, strictement encadrée par l'État central. Les prérogatives régaliennes – défense nationale, relations extérieures, sécurité stratégique, affaires religieuses – demeuraient intégralement entre les mains du gouvernement et du monarque. Les secteurs économiques stratégiques, notamment la pêche et l'exploitation minière (phosphates), restaient sous contrôle direct de Rabat.


Les institutions autonomes envisagées se voyaient confier des compétences limitées à la gestion locale : fiscalité territoriale, infrastructures, transports, logement, éducation, santé, environnement, emploi. Des dispositions culturelles permettaient la promotion du patrimoine sahraoui et de la langue arabe hassanie, ainsi que la création d'une force de police locale – sans véritable autonomie sécuritaire.


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