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Grand angle

Dakhla, échappée douce entre Sahara et Atlantique

24.12.2021 à 12 H 43 • Mis à jour le 26.12.2021 à 01 H 30
Par
REPORTAGE.
L’ancienne Villa Cisneros, étape mythique des aviateurs de l’Aéropostale, s’est transformée ces dernières années en cité de détente et de bien-être. Son majestueuse péninsule, spot mondial des accros de la glisse, recèle d’autres attraits encore méconnus qui font de Dakhla l’antidote rêvée aux frimas de l’hiver. Une destination de choix pour la période de fin d’année et en toute saison

Trente kilomètres à peine du Tropique du Cancer, s’étend face à l’Atlantique un lieu d’exception. Située à presque 1 200 kilomètres au sud d’Agadir, la péninsule saharienne de Dakhla occupe une position stratégique. Dans les années 20, la cité, alors encore appelée Villa Cisneros, était l’une des étapes de l’Aéropostale pour rallier Dakar. Les pionniers de l’aviation comme Antoine de Saint-Exupéry ou Jean Mermoz y faisaient souvent escale pour se ravitailler. Aujourd’hui, les « minuscules masures » décrites par l’auteur du Petit Prince ont laissé la place à une ville prometteuse à bien des égards, qui se singularise de plus par sa vraie authenticité.


Portée par un très ambitieux programme de développement, Dakhla et sa région ont connu un véritable essor ces dernières années. Une dynamique qui promet d’en faire un hub continental, autant sur le plan diplomatique qu’économique. « Dakhla clignote désormais sur les radars de toutes les chancelleries de la planète mais suscite aussi de plus en plus l’intérêt d’investisseurs étrangers », a récemment résumé Jeune Afrique.

 

Un chantier à ciel ouvert

C’est un chantier à ciel ouvert : le tronçon régional de la voie expresse qui longe le Sahara depuis Tiznit est achevé, le raccordement au grid électrique national a été réalisé et du PK40, point kilométrique barycentrique de la ville, une route fraichement goudronnée mène directement au grand projet structurant du Port Dakhla Atlantique, « futur hub commercial et son hinterland industrialo-logistique qui desserviront toute l’Afrique de l’Ouest et sa zone de libre-échange, la Zlecaf », explique Mounir El Houari, ancien banquier d’affaires et directeur du Centre régional d’investissement (CRI). Ce dernier égrène la multitude des projets en cours de réalisation et d’autres encore dans les cartons : une vingtaine d’unités hôtelières qui doubleront la capacité litière de la cité actuellement d’environ 2 000 lits, mais aussi la ferme éolienne, la station de dessalement de l’eau de mer, une smart city et autant de propositions qui s’empilent sur son bureau «  tant les investisseurs locaux et étrangers se bousculent ici pour sonder, proposer et réaliser ».


Un dromadaire à Dakhla. Agence Imaginium/LE DESK

 

Un des catalyseurs de cette frénésie est l’intérêt porté par les Américains à toute la région depuis la décision de Washington de reconnaitre la souveraineté du Maroc sur le Sahara, doublée d’une volonté d’y investir massivement à travers l’initiative Prosper Africa, entre autres. Dakhla accueille ainsi un consulat étasunien en cours de formalisation et une antenne d’investissement.


Un thé au Sahara, à Dakhla.Agence Imaginium/ LE DESK


Epicentre régional des manifestations internationales aux thèmes variés, du climat aux nouvelles technologies, en passant par l’énergie verte et le développement régional, la « Perle du Sud » attire ainsi les décideurs de la planète presqu’autant que les touristes.


La lagune de Dakhla. Agence Imaginium /LE DESK


« Sur la dernière décennie, le nombre des arrivées à Dakhla a quasiment quadruplé, alors que le nombre de nuitées a été multiplié par plus que cinq », expliquait récemment à la presse Mohamed Salem Boudija, directeur provincial du tourisme. Même durant 2020, annus horribilis pour le tourisme mondial, la ville a pu tirer son épingle du jeu en affichant des taux de remplissage bien supérieurs à la moyenne nationale, expliquait-on.


Les huitres, une signature culinaire de Dakhla, Restaurant Pescador, West Point. Story&Brands / LE DESK


« Découvrez la sublime ville de Dakhla, ses paysages désertiques et ses immenses plages dorées, admirez la fameuse Dune Blanche, un site naturel dressé au milieu du lagon, profitez de l’eau cristalline des plus belles plages de Sud…  Une expérience unique et relaxante qui exaltera les amoureux de la nature », encouragent les meilleurs sites internet d’évasion. Leur promesse n’est pas un vain slogan publicitaire.


Hôtel La Crique à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Éloigné des hauts lieux touristiques traditionnels du Maroc, ce paradis presque sans horizon, né de la rencontre du Sahara et de l’océan, a été sculpté par les vents marins pour former sa baie intérieure, protégée des fortes houles et des chaleurs du désert par la péninsule de Rio de Oro (ou Oued Eddahab).


Crépuscule au PK25 de Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Dakhla est avant tout réputée pour son spot de sports de glisse en tous genres. Dans la lagune, Eole fait défiler les voiles des kiteurs et de véliplanchistes, alors que les surfeurs iront chercher la houle le long de la côte atlantique, située de l’autre côté de la presqu’île. Aujourd’hui, les sports nautiques sont le principal moteur du tourisme, la ville étant devenue l’une des étapes des championnats du monde de kitesurf.


Kiteurs à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Cet écosystème quasi-unique au monde offre, au-delà des sports d’eau, séjours bien-être et découvertes, trekking des sables, sources chaudes mais aussi un art culinaire typique et des hôtels de charme qui valent à eux seuls le déplacement.


Kiteur à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


C’est probablement l’une des pionnières du tourisme de la ville qui raconte le mieux l’envoûtement toujours intact que ressentent ses visiteurs. Mireille Malbos est arrivée par la route en 2005, un peu par hasard, elle aussi « portée par les vents » qui l’emmenaient vers les confins de la Mauritanie, s’amuse-t-elle à raconter tout-sourire.


Une suite avec vue de La Crique à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


D’aventures en anecdotes, celle qui a créé sa maison d’hôte (La Maison Jaune) et gère le South Bay, hôtel moderne et accueillant accroché à la falaise, explique comment Dakhla, encore préservée du tourisme de masse, permet encore aux voyageurs de faire de leur séjour une véritable expérience.


Dakhla South Bay à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Si la conjoncture difficile consécutive à la crise du coronavirus a fait tarir le flot des visiteurs étrangers, le vacancier national trouvera quant à lui son bonheur dans les marchés à la simplicité authentique, parmi les étalages d’épices aux saveurs africaines, les onguents et les tissus colorés typiques de la région qui ornent les échoppes, très prisés par la population locale.


Culture de tomates-cerises à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Cette dernière travaille essentiellement dans les industries agricoles ou marines, notamment l’exploitation d’huîtres de Boutalha, à 25 kilomètres au nord de Dakhla.


Exploitant d'une ferme d'huitres à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Un véritable trésor économique pour la région qu’il faudra aussi visiter et goûter aux délicieux plats de l’incontournable ferme ostréicole Talhamar qui, en service continu, propose en terrasse et devant ses parcs à huîtres : huîtres fraîches bien sûr, mais aussi poissons grillés, et tajines de poulpe.


Culture d'huitres à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


En ville, dans les restaurants comme l’historique Villa Dakhla ou même dans les gargotes qui essaiment dans les ruelles, les voyageurs gourmets en profiteront aussi pour découvrir les spécialités sahraouies, comme le tichtar (un plat à base de viande séchée de dromadaire découpée en lamelle).


Des mets raffinés servies dans les meilleures tables de Dakhla Ici à La Crique. Agence Imaginium / LE DESK


De même que les multiples variations des recettes d’ombrines pêchées le jour même et débarquées à la Sarga, cette pointe de la lagune, débarcadère de sable où échouent en rangs d’oignons les barques bleues des pêcheurs. Un lieu rendu célèbre par les images époustouflantes du « Maroc, vu du ciel », le documentaire-culte de Yann Arthus-Bertrand.


Barques de pêcheurs à La Sarga de Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Un détour pour quelques emplettes souvenirs au centre d’artisanat ou pour passer une tête au petit musée qui retrace l’histoire et la culture des tribus locales, n’est pas superflu, même en ces temps de Covid où les lieux peuvent être quelque peu dégarnis.


Bivouac en plein désert de Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Pour profiter pleinement des attraits de la péninsule, il est recommandé de s’installer dans l’un des hôtels clubs au bord de la lagune, comme L’Océan Vagabond ou, plus récent, La Tour d’Eole pour savourer la beauté des paysages. Les amateurs de golf peuvent aussi s’essayer à un parcours de sable de neuf trous, dessiné à flanc de dunes.


Hôtel Les Dunes de Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Plusieurs projets touristiques ont mis en valeur, ces dernières années, l’offre d’hébergement et de loisirs. Dakhla Attitude est le tout-premier à y avoir été érigé par la famille de textiliens Senoussi. Tous les bungalows offrent une vue imprenable sur le lagon et sur l’île du Dragon où on y peut y poser pied après une courte traversée en barque ou catamaran.


Hôtel Dakhla Attitude à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Le groupe hôtelier détient aussi le West Point au bar-terrasse accueillant, ou encore un des musts de la ville, La Crique, établissement résolument haut de gamme, géré par la communicante Leila Ouachi, figure du renouveau de Dakhla. Il est situé à moins de deux kilomètres de la plage d’Oum Lbouir, là où depuis ses suites balinaises nichées dans la végétation, on peut admirer le coucher du soleil.


Dakhla est aussi le rendez-vous de la faune sauvage. Agence Imaginium / LE DESK


« Un moment magique où le désert s’habille de son manteau rouge pendant que le spectateur se laisse emporter, au rythme du vent, par le spectacle de la nature sauvage ».


Du sommet de la Dune blanche

Dakhla, c’est en effet, aussi et surtout son environnement indompté, qui le long de sa côte, recèle tant de curiosités naturelles, à l’exemple de la Dune blanche, haut monticule de sable immaculé formé sous l’effet des rafales du sud. De sa crête qu’il faut arpenter nus pieds après avoir foulé l’immense plage à marée basse, on peut admirer la rencontre du désert et de l’océan, semblant en permanence s’affronter pour dominer cet espace vierge de toute construction humaine.


Sur la crête de la Dune Blanche à Dakhla. Story&Brands/ LE DESK


Au crépuscule, les plus chanceux pourront croiser la faune de petits mammifères, comme le chat des sables ou la zorille de Libye. C’est aussi le lieu de prédilection des flamants roses. L’occasion aussi de dormir sous une khaïma traditionnelle et s’émerveiller de la voute céleste parsemée d’étoiles.


Dune Blanche à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Les falaises de la côte sont également un endroit à explorer. On peut d’ailleurs y découvrir la plus grande concentration de phoques moines au monde, plus de 100 individus, dit-on, vivent dans les grottes creusées par l’eau dans les rochers. Un environnement prisé aussi par les amateurs de pêche, qui pourront essayer de capturer de jour des langoustes ou des maigres ou à la lumière des lanternes lors d’expéditions nocturnes.


Un pêcheur à Dakhla. LE DESK


Imlili et ses poissons fossiles

A une quarantaine de kilomètres au sud de la langue de terre d’El Argoub, une autre expérience tout aussi singulière attend le visiteur de l’autre côté de la baie : Sebkhet Imlili qu’il faut atteindre après une formidable excursion dans le désert. C’est un trajet en 4×4 à travers les dunes, qui offre des paysages variés et se termine les pieds dans l’eau pour une fish pédicure inédite, mais sans excès en respect de ce biotope aussi rare que fragile. Le secret d’un tel écosystème humide, découvert en 2009 à peine, et malgré la désertification ambiante ? Une dépression dans le désert au sol imbibé de cristaux de sel, mémoire d’un passé géologique lointain qui liait, il y a des milliers d’années, les lieux à la mer par une ancienne lagune ou un estuaire aujourd’hui disparu.


Sebkha d'Imlili au sud de Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Sur une superficie de 12 km sur 3, on y compte près de 160 petits étangs d’eau résurgente qui remonte directement de la nappe phréatique. La moitié de ces poches d’eau regorgent de petits poissons d’origine subsaharienne, un peuplement ichtyologique constitué d’une espèce de cichlidés, le Tilapia de Guinée, inconnue de toute l’Afrique du Nord et du Sahara jusqu’à leur découverte récente.


La flore de la Sebkha d'Imlili à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


On y trouve également d’autres espèces endémiques : des crevettes, des mollusques ou des escargots. Les amoureux de la faune sauvage relèveront sur le sol sablonneux, des traces de chacal du désert et la présence furtive du fennec et du renard de Rueppel, espèces abondantes dans la région, mais naturellement rétives au contact humain, ce qui n’est pas le cas de certains oiseaux d’eau acclimatés à la venue des touristes à qui ils quémandent de la nourriture.


Sebkha d'Imlili au sud de Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Porto Rico, immensité sous les tropiques

Sur le retour, à une vingtaine de kilomètres au sud de Dakhla, s’ouvre aux yeux du voyageur Porto Rico, une très belle plage de sable fin blanchâtre et d’eau cristalline aux reflets émeraude, sans doute l’une des plus confidentielles du Maroc.


Plage de Porto Rico au sud de Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


De sa falaise centrale taillée par les flots, on peut embrasser son envergure. Située exactement sur le Tropique du Cancer, la latitude la plus septentrionale sur laquelle il est possible d’apercevoir le soleil directement au zénith lors du solstice de juin, c’est l’endroit idéal pour se baigner car l’eau demeure à longueur d’année agréablement tiède ou pour un bivouac saharien parmi les oiseaux migrateurs attirés par la douceur permanente du microclimat local.


La falaise de Porto Rico à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


Après l’effort, le réconfort et direction Asma, à 35 kilomètres de la ville, où la chaleur à 38° des forts jets d’eau chaude naturelle et sulfureuse revigorera en plein air les corps fatigués Elle est réputée excellente pour la peau, les troubles respiratoires et les os. Des activités détente, massage, spa et hammam sont également à disposition dans les hôtels et les clubs, notamment ceux édifiés autour de la lagune.


Les vestiges funéraires d’Aousserd

Reste pour les plus aventuriers accompagnés cependant d’un guide aguerri, une expédition à travers l’immensité du Sahara pour atteindre Aousserd et ses paysages lunaires. Là-bas, c’est le site du menhir de Gleibat Ensur qui attire les curieux et les férus d’archéologie.


Loin des sentiers battus dans le désert de Dakhla. Story&Brands / LE DESK


Un récit apocryphe raconte qu’en 1973, les Espagnols avaient déplacé le monolithe de Châif Ould Attiâ, une stèle funéraire en pointe de presque quatre mètres de haut, et érigé dans le Parc municipal de Dakhla qui se trouvait autrefois devant l’église de la ville, mais la présence de cette stèle avait été associée à l’apparition subite de quelques maladies parmi la population. Une « malédiction » qui obligeât les autorités de l’époque à la remettre à sa place originelle dans le désert de Tiris.


Paysage désertique à Dakhla. Agence Imaginium / LE DESK


On peut encore tenter de nos jours d’y déchiffrer à la manière de Champollion les inscriptions en tifinagh qui y figurent sur les quatre faces, malheureusement dans un état très dégradé. Ce monolithe est planté au centre d’un tumulus de forme circulaire d’environ 10 mètres de diamètre. Des tumulus annexes de différentes formes sont aux alentours. A une centaine de mètres de ce groupe de monuments funéraires, se situe une grande dalle horizontale sur laquelle trois zoomorphes très érodés, probablement des bovidés, ont été gravés. Des nécropoles éparses qui ajoutent une once de mystère à la féérie de ce désert océanique.



C’est où ?
Au bord de l’Atlantique, la ville de Dakhla est située sur une presqu’île de 40 km de long qui forme la baie de Rio de Oro. Véritable havre de paix entre lagune et océan, Dakhla se trouve à environ 400km de la frontière mauritanienne, aux portes du sud du Sahara marocain.
Comment y aller ?
Par avion, la Royal Air Maroc assure trois fréquences par jour pour la liaison Casablanca-Dakhla.
Quand partir ?
Question climat, Dakhla fait partie de ces destinations accueillantes toute l’année, avec du beau soleil et une ambiance agréable chaque jour, en toute saison. Elle fait partie des destinations les plus indiquées pour la période hivernale
Se déplacer
A l’intérieur de la ville, des petits taxis assurent les courses régulières. Pour les escapades, notamment dans le désert, il vous faudra louer un véhicule 4×4 auprès d’agences agréées, avec chauffeur et guide de préférence.
Où manger ?
Tous les établissements autour de la lagune offrent un service de restauration de bonne qualité, axé naturellement sur les produits de la mer. Pour un dîner cosy au centre-ville, l’adresse courue est Villa Dakhla qui offre une carte de choix. Pour déguster poissons grillés et tajines d’ombrines, Talhamar est le lieu incontournable
Où se loger ?
Dakhla offre un vaste choix de lieux de résidence, entre hôtels, hôtels clubs, maisons d’hôtes et résidences hôtelières. Pour les sportifs, privilégiez Dakhla Attitude ou L’Océan Vagabond. Pour les adeptes du tout-confort, choisir La Crique. En ville, la pension espagnole Kite House demeure un excellent compromis en qualité et prix.
S’informer
Conseil Régional du Tourisme (CRT) Dakhla Oued Eddahab
13, Bd Al Walae, 3ème étage, Dakhla
+212 528 931 702
[email protected]
https://dakhlatourisme.ma/

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