EP. 4
En cours
Sidi Youssef Ben Ali, éternel quartier rebelle de Marrakech
Il était une fois une communauté de malades, de marginaux et d’exclus qui vivait hors des remparts de la médina de Marrakech, chassée par ses bonnes gens. Des bannis contraints à s’exiler en périphérie de la ville, où il menaient une vie de misère, dans l'indifférence des élites de la grande cité d’Al Haouz. Leur sort changea grâce à un certain Sidi Youssef Ben Ali, homme aussi pieux qu’érudit, qui se fit leur protecteur, leur guide et leur voix. Depuis sa mort en 1196, il est devenu l'un des saints les plus vénérés de Marrakech.
Plus de huit siècles plus tard, par une ironie de l'Histoire, le quartier qui porte son nom conserve encore les stigmates de l’exclusion. Si la lèpre n'en est plus la cause, comme ce fut le cas au Moyen Âge, la surpopulation, la pauvreté et l’absence de perspectives d'avenir pour ses plus jeunes habitants en sont les nouvelles illustrations.
Mais le récit silencieux de ce quartier atypique, dont l'acronyme « SYBA » renvoie en arabe marocain à l’anarchie ou à l’insoumission à l'autorité centrale, est de temps à autre secoué par un cri de détresse. Le dernier en date est survenu sous la forme de violences en marge des manifestations appelées par le mouvement GenZ212. Il a résonné comme un écho du passé, rappelant que les charbons de ce brasier ne se sont jamais vraiment éteints.
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