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Algérie
Six mois de prison ferme pour Ali Haddad, ex-patron des patrons proche de Bouteflika

17.06.2019 à 12 H 46 • Mis à jour le 17.06.2019 à 22 H 49
Par La rédaction

L’ancien patron des patrons algériens, Ali Haddad, riche homme d’affaires lié au président déchu Abdelaziz Bouteflika et ex-patron du FCE, le patronat algérien, a été condamné lundi 17 juin à six mois de prison ferme pour la détention de deux passeports, ce qui est illégal en Algérie, selon la télévision nationale ENTV.


PDG du numéro 1 privé du BTP en Algérie et bénéficiaire de gigantesques contrats publics, Haddad a été arrêté fin mars à la frontière avec la Tunisie en possession de deux passeports et de devises non déclarées, quelques jours avant la démission, après vingt ans au pouvoir, de Bouteflika confronté à un mouvement de contestation inédit.


C’est la première personnalité de l’entourage de l’ancien président condamnée depuis le départ de Bouteflika, à la suite de laquelle la justice a ouvert une série d’enquêtes pour des faits de corruption et placé en détention préventive plusieurs influents hommes d’affaires et anciens responsables politiques. Haddad est également visé par ces enquêtes, selon son avocat.


« Condamnation d’Ali Haddad à six mois de prison ferme » pour « obtention injustifiée de documents administratifs », ainsi qu’à « 50 000 dinars [environ 4 000 dirhams] d’amende, retrait de ses passeports et confiscation de l’argent » saisie lors de son arrestation, indique un bandeau défilant de la télévision nationale. Le tribunal n’a donc pas suivi le parquet, qui avait requis dix-huit mois de prison pour « faux et usage de faux » contre Haddad.


Son coaccusé, Hassan Boualem, directeur des titres et documents sécurisés au ministère de l’intérieur quand il a délivré en 2016 son second passeport à Haddad, a été condamné à deux mois de prison avec sursis et 20 000 dinars (près de 150 euros) d’amende.


Haddad avait affirmé à l’audience avoir obtenu son second passeport légalement, après avoir sollicité l’intervention d’Abdelmalek Sellal, alors premier ministre et depuis placé en détention préventive dans une enquête concernant la « dilapidation de deniers publics, des abus de fonctions et des octrois de privilèges injustifiés » dans le cadre de passations de marchés publics.


Boualem avait indiqué avoir délivré le second passeport sur ordre de sa hiérarchie, Sellal puis Noureddine Bedoui, alors ministre de l’intérieur et désormais premier ministre, et du secrétaire général du ministère de l’intérieur Hocine Mazouz, qui n’ont pas été inquiétés.

Par La rédaction
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