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ExclusifParis illégaux : l’ordonnance de référé de la MDJS fait face à la résistance des opérateurs télécoms
Une ordonnance de référé, une astreinte de 10 000 dirhams (DH) par jour de retard, puis une contre-offensive procédurale immédiate des opérateurs télécoms. En peu de temps, la lutte légitime contre les plateformes de paris sportifs clandestins a quitté le terrain des alertes pour se transformer en épreuve de force judiciaire. Au cœur du conflit : l'accès, depuis le territoire marocain, à des sites, notamment celui de 1xBet et ses satellites, qui opèrent sans autorisation et captent une part croissante du marché marocain des paris en toute illégalité.
Un monopole d'État au service du sport
Au Maroc, les paris sportifs ne relèvent pas d'un marché ouvert. L'exclusivité de leur organisation et de leur exploitation par la Marocaine des jeux et des sports (MDJS) repose sur un cadre juridique structuré : le Dahir du 29 juillet 1966, le texte complémentaire de 1970 et la convention du 3 mars 2016, qui prolonge et encadre ce monopole jusqu'en 2036, y compris pour les canaux numériques accessibles depuis le territoire national.
Cette exclusivité n'est pas un privilège commercial, mais un instrument de politique publique. La totalité des bénéfices nets de la MDJS est reversée au Fonds national de développement du sport (FNDS). En 2024, ces contributions ont atteint 791 millions de dirhams (MDH), finançant directement fédérations, infrastructures et sport de haut niveau.
Un marché parallèle devenu structurel
Là où la MDJS décrit un écosystème encadré, les enquêtes évoquent une économie parallèle bien organisée. Le rapport de mission de la MDJS, daté du 14 mars 2025, situe l’enjeu à une grande échelle : en 2024, la MDJS estime que 40 % des mises lui échappent au profit d’opérateurs illégaux. Le même document rappelle que le Produit brut des jeux (PBJ) de la MDJS progresse : 1,48 milliard de dirhams (MMDH) en 2023, 1,7 MMDH en 2024, et une projection à 2,78 MMDH en 2025. Cela amène une question assez simple : si l’acteur légal continue de monter, jusqu’où va réellement le marché une fois qu’on ajoute la part clandestine ?
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